Le calendrier scolaire à La Réunion est un véritable sujet de société, qui intéresse les élèves et parents d'élèves et au-delà l'ensemble de la société réunionnaise.
C'est la raison pour laquelle, le SGPEN CGTR (qui vient d'etre destinataire des projets de nouveaux calendriers scolaires), a décidé, en responsabilité, de mettre sur la place publique ceux que le rectorat concocte "en misouk".
La volonté du rectorat qui "consulte" mais s'assoie dans les faits sur l'opposition de la communauté éducative est évidente : Faire pièce à toute demande de calendrier climatique et faire rentrer la réunion dans le moule national, quant bien même, cela se fasse au détriment de nos élèves.
Pourtant, le calendrier climatique auquel s'est toujours opposé le rectorat semble davantage en adéquation avec les réalités climatiques particulières de notre académie et leurs conséquences sur les rythmes scolaires et les conditions d'études des élèves.
Force est de constater que les calendriers proposés par le rectorat et les évolutions souhaitées (même masquées) se calquent trop sur les réalités climatiques métropolitaines et font l'impasse sur notre situation toute particulière.
Ce dossier sensible doit selon nous être traité sans aucune considération idéologique (ni "égalitarisme et mimétisme métropolitain " ni " positionnement et posture purement contestataire ") et ce, en étroite concertation avec l'ensemble des acteurs du système éducatif.
Chacun doit avoir à coeur de ne pas oublier que c'est l'élève qui doit être au centre de cet enjeu de projet de calendrier. En ce sens, nous aurions préféré qu'une place beaucoup plus importante soit consacrée au dialogue et à l'expertise nécessaire.
Les impacts produits sur la relation biorythmes scolaires/environnement ont en effet à notre sens, besoin d'être scientifiquement et empiriquement évalués.
Incidence de la chaleur et des phénomènes météorologiques sur les rythmes scolaires ; Aménagement et adaptation variable possible du temps scolaires en relation avec les potentialités des élèves dans les différentes strates scolaires (primaire, collèges, lycées), réflexions sur la pertinence de l'allégement de la journée d'étude et d'une modification en rapport du calendrier scolaire. Problématique du bâti scolaire intégrant les contraintes environnementales et climatiques ? etc.. Autant de questions, devant, selon nous être préalablement traitées, elles n'ont pourtant jamais été abordées.
« Mieux », à ce jour, nous constatons qu'aucune évaluation de la mise en oeuvre des calendriers précédents, qu'aucune étude sérieuse, précise et approfondie sur le lien « environnement-biorythmes » n'ont été produites.
Il est donc difficile même de leur point de vue, pour ne pas dire impossible de mesurer l'impact des modifications contenues dans les nouveaux projets.
Le SGPEN CGTR revendique l'ouverture d'un véritable débat public sur l'organisation du temps scolaire et les problématiques liées aux rythmes de travail des enfants scolarisés (horaires de passage des examens, temps de travail pendant la semaine scolaire...) afin d'étudier les nécessaires adaptations liées à nos spécificités. Ce n'est que de cette façon que nous pouvons envisager de posséder un calendrier scolaire digne des attentes des réunionnais. Car enfin, ce ne sont pas aux élèves de s'adapter à un calendrier scolaire non pensé et a fortiori non évalué mais au calendrier scolaire de tenir compte des réalités vécues par nos élèves.
Dans tous les cas, le SGPEN CGTR reste opposé au "rognage rectoral" de la période des vacances de l'été austral et se déclare favorable à un Calendrier climatique*.
P/Le bureau académique du SGPEN-CGTR
A St Denis, le mercredi 17 février 2010
Patrick Corre